Topsides de 33 000 tonnes : le Mega Jack 10000 redéfinit le levage offshore

Topsides de 33 000 tonnes : le Mega Jack 10000 redéfinit le levage offshore

Lever 33 000 tonnes d’acier offshore sans ralentir la cadence du chantier : c’est le défi relevé par Mammoet lors du load-out des topsides du projet Scarborough pour Woodside Energy, au chantier Qingdao McDermott Wuchuan en Chine.

Pour cette opération hors norme, Mammoet a déployé pour la première fois son Mega Jack 10000, une nouvelle génération de système de vérinage conçue pour les charges extrêmes. Grâce à une architecture modulaire reliant plusieurs bases de levage, le système augmente considérablement sa capacité tout en réduisant son emprise au sol.

Le dispositif reposait sur quatre tours Mega Jack positionnées sous les zones structurelles les plus résistantes des topsides. Chaque tour intégrait directement des cellules de charge : au total, 80 load cells de 750 tonnes ont permis d’effectuer simultanément le pesage et le levage de la structure.

« Nous avons démontré qu’il était possible d’effectuer le pesage des topsides avec le même système que celui utilisé pour le vérinage. Cela rend l’enchaînement entre les différentes phases du projet beaucoup plus efficace », explique Richard Verhoeff, directeur commercial chez Mammoet.

L’autre innovation majeure réside dans l’intégration d’une poutre de répartition spécialement conçue pour être incorporée dès la fabrication sous les topsides. Cette beam assurait à la fois le support structurel pendant la construction et l’interface directe avec le Mega Jack 10000.

Une fois le poids validé, les topsides ont été élevés à 16 mètres afin de permettre l’installation du Deck Support Frame (DSF) sous la structure. Le transfert des charges vers la fondation flottante a ensuite été réalisé de manière progressive et parfaitement contrôlée.

Le load-out final sur barge a mobilisé huit strand jacks SJ850 opérant sur skidway, avec une progression par incréments de 500 mm. En parallèle, les équipes ont piloté le ballasting dynamique du navire afin de maintenir l’équilibre pendant le transfert des 33 000 tonnes vers le centre du pont.

Pour Mammoet, l’intérêt dépasse largement la seule phase de manutention. « Construire les topsides directement sur leur fondation offshore aurait fortement complexifié le projet », souligne Richard Verhoeff. « Notre solution a permis de construire plus bas, avec moins de structures provisoires, moins de levages en hauteur et davantage d’opérations réalisées en parallèle. »