Sur le chantier des Éoliennes flottantes du Golfe du Lion (EFGL), à Port-la-Nouvelle, une machine hors norme capte tous les regards : la CC8800-1. Cette grue sur chenilles, capable de soulever jusqu’à 1 600 tonnes, est la pièce maîtresse d’un dispositif industriel taillé pour assembler les éoliennes flottantes de nouvelle génération.
Car ici, tout se joue à quai. Contrairement aux éoliennes posées en mer, les structures flottantes doivent être entièrement montées au port, sur leurs fondations. Un exercice d’équilibriste dans une zone exposée à des vents fréquents et puissants.
Pour répondre à ces contraintes, Mammoet a déployé une configuration impressionnante : une flèche principale de 144 mètres, renforcée par un boom booster pour maximiser la capacité de levage à faible rayon. « Il faut à la fois de la puissance et de la portée, car les fondations sont amarrées au bord du quai », explique Yan Billard, directeur de Mammoet France.
Chaque levage est une opération critique. Les sections de tour sont dressées une à une, suivies par la nacelle de 380 tonnes, puis les pales. À la moindre rafale dépassant les 10 m/s, tout s’arrête. La précision et la sécurité priment sur la cadence.
Pour accueillir un tel géant, le quai a dû être renforcé : une zone capable de supporter 30 tonnes par mètre carré a été aménagée avec des couches de matériaux stabilisés. Autour de la grue, une flotte de transporteurs modulaires (SPMT) orchestre les déplacements millimétrés des composants.
Dans ce ballet technique, la CC8800-1 n’est pas seulement un outil : elle est la clé de voûte du projet. Une démonstration que, dans l’éolien flottant, la performance passe aussi par la capacité à lever toujours plus haut, plus lourd et malgré le vent.
