Éolien en mer : l’Europe avance, la France temporise

Éolien en mer : l’Europe avance, la France temporise

Réunis ce jour à Hambourg lors du North Sea Summit III, les dirigeants d’Europe du Nord ont réaffirmé le rôle stratégique de l’éolien en mer pour la sécurité, la souveraineté et la compétitivité économique du continent. Dans un contexte géopolitique tendu, ils ont rappelé l’objectif commun de 300 GW d’éolien en mer installés d’ici 2050, dont 100 GW de projets transfrontaliers, et appelé à une coordination renforcée entre États et industriels face à une concurrence extra-européenne de plus en plus vive.

L’Union européenne entend accélérer grâce à la mise en place d’un Offshore Financing Framework, destiné à sécuriser les investissements, mobiliser les capitaux privés, stabiliser les chaînes d’approvisionnement et garantir un rythme soutenu d’appels d’offres via des procédures d’autorisation simplifiées.

En France, cependant, la filière reste dans l’attente. Si le dialogue concurrentiel de l’appel d’offres n°9 a été lancé en juillet 2024, la phase de dépôt des offres n’a toujours pas été engagée. Quant à l’appel d’offres n°10, annoncé pour septembre 2023, il n’a pas encore vu le jour.

Le Syndicat des énergies renouvelables (SER) appelle donc le gouvernement à publier sans délai la Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) ainsi que les cahiers des charges des appels d’offres AO9 et AO10.
« La France réaffirme aujourd’hui, avec ses partenaires européens, que l’éolien en mer est un pilier de la souveraineté énergétique européenne. Elle doit désormais concrétiser cet engagement, faute de quoi c’est toute une chaîne industrielle, pourtant largement locale, qui serait fragilisée », alerte Jules Nyssen, président du SER.