Transport routier : 78 % des dirigeants insatisfaits, le moral au plus bas depuis 2015

Transport routier : 78 % des dirigeants insatisfaits, le moral au plus bas depuis 2015

Le transport routier de marchandises traverse une nouvelle zone de turbulences. Selon le dernier baromètre de la FNTR, le troisième trimestre 2026 marque un nouveau recul de l’activité. Plus inquiétant : le moral des chefs d’entreprise atteint son plus bas niveau depuis la création de l’enquête en 2015, dépassant même celui enregistré pendant la crise sanitaire.

Après une timide stabilisation au deuxième trimestre, les indicateurs repassent au rouge. Faiblesse de la demande, coûts énergétiques élevés, marges comprimées et manque de visibilité : les transporteurs subissent une pression économique persistante. Le chiffre est sans appel : 78 % des dirigeants se déclarent insatisfaits de la situation de leur entreprise. Un niveau inédit qui illustre la profondeur de la crise de confiance. Les perspectives d’activité restent également dégradées. Le bâtiment tourne au ralenti, l’agroalimentaire s’essouffle et l’industrie peine à soutenir les volumes transportés.

Les transporteurs freinent leurs investissements

Face à cette situation, les entreprises privilégient la trésorerie. Les achats de poids lourds neufs restent limités, principalement au renouvellement indispensable des flottes. Une prudence qui risque également de ralentir la transition énergétique. Sur le front de l’emploi, la situation se retourne : 29,2 % des transporteurs rencontrent des difficultés de recrutement, contre 48,4 % deux ans auparavant. Mais cette détente traduit surtout le ralentissement des embauches, et non la disparition des besoins de conducteurs.

Une fin d’année sous haute tension

Dans un environnement économique marqué par près de 72 000 défaillances d’entreprises sur douze mois en France, le transport routier cherche à préserver ses marges et ses capacités financières. Pour la FNTR, le constat est clair : sans meilleure visibilité économique, mécanismes efficaces de répercussion des coûts et soutien à l’investissement, difficile d’envisager une reprise durable. Le transport routier reste un maillon essentiel de l’économie. Mais pour ses entreprises, l’urgence est désormais de retrouver de l’activité… et de la rentabilité.